Jeudi 8 janvier 2026 Le journal de tous les Burkinabè
N° 10 542 4 Politique & Diplomatie
En 2018, Ouagadougou
entrait dans l’ère des
villes intelligentes avec le
projet pilote Safe City, fruit
d’un partenariat avec Huawei
Technologies. A l’époque, l’initiative
reposait sur un dispositif modeste
de 45 sites de caméras, 4 stations
eLTE, un datacenter et une salle de
commandement.
Nonobstant la modestie de ces
premières bases de la vidéoprotection
et des communications sécurisées
pour les Forces de défense et de
sécurité, les résultats furent
suffisamment probants. Ce qui
convainc les autorités d’aller plus
loin. Deux ans plus tard, un arrêté
ministériel officialisait la naissance
du projet Smart Burkina Faso,
véritable mutation numérique au
service de la sécurité nationale.
L’ambition affichée s’est traduite
par des investissements majeurs,
dont une contrepartie nationale de
5 milliards F CFA. Déployé dans les
villes de Ouagadougou et de Bobo-
Dioulasso, le projet affiche des
résultats parlants. Les chiffres
parlent d’eux-mêmes. 650 km de
backbone national, 150 km de fibre
métropolitaine, 16 sites eLTE, plus
de 900 caméras réparties sur plus
de 300 sites, sans oublier un
datacenter moderne, des drones et
une salle de commandement à la
pointe de la technologie. A la date
du 30 avril 2025, le taux
d’exécution atteignait 88,71 % sur le
plan physique et 90,65 % sur
le plan financier. Mais, les
infrastructures ne sont qu’un outil.
Leur valeur se mesure à l’impact
concret. Dans le domaine de la
sécurité routière, plus de 1 000
réquisitions vidéo ont permis
d’élucider des accidents et
d’appuyer des campagnes de
sensibilisation. La vidéoprotection
s’est aussi imposée comme un outil
de régulation du trafic, notamment
aux heures de pointe.
Sur le plan de la criminalité, le
dispositif a contribué au retour du
sentiment de sécurité des populations.
Plus de 70 % des braquages
enregistrés à Ouagadougou et Bobo-
Dioulasso ont été captés par les
caméras. Cela a facilité enquêtes et
arrestations. Par ailleurs, près de 50 %
des zones criminogènes identifiées se
sont transformées en espaces plus
sûrs. Les grands événements, tels
que le FESPACO, le SIAO, en passant
par les marches et meetings,
bénéficient désormais d’une
couverture renforcée.
Les enquêtes de perception
confirment cette transformation.
Du côté des Forces de défense et de
sécurité, 98 % déclarent que la
vidéoprotection améliore leur
travail, et 95 % plaident pour une
extension du dispositif.
Du côté des citoyens, 71 % affirment
se sentir plus en sécurité et 92 %
connaissent l’existence des caméras.
Fait notable, 90 % estiment que leur
vie privée n’est pas bafouée, signe
d’une acceptation sociale forte dans
un contexte souvent sensible.
Alors que la phase 1 est arrivée à son
terme en avril 2025, les regards se
tournent vers la phase 2. Celle-ci
entend élargir la couverture du
projet à d’autres régions du pays,
intégrer l’intelligence artificielle
pour l’analyse prédictive et mettre
en place un système automatisé
de détection et de paiement des
contraventions en matière de
circulation routière. Des négociations
sont déjà en cours pour le
financement et la contractualisation.
Le projet Smart Burkina Faso
illustre une conviction simple mais
essentielle selon laquelle, la
technologie ne remplace pas
l’humain. Elle lui donne les moyens
d’agir plus rapidement, plus
efficacement et de façon plus
préventive. Dans un contexte
sécuritaire marqué par la
complexité et l’imprévisibilité,
cette alliance entre innovation
numérique et action publique
esquisse une révolution discrète
mais profonde.
Le Burkina Faso se positionne
aujourd’hui parmi les pionniers en
Afrique de l’Ouest dans l’intégration
du numérique au service de la
sécurité. A travers le projet Smart
Burkina Faso, il montre que la
sécurité peut pleinement entrer dans
l’ère des villes intelligentes, sans pour
autant compromettre la confiance
des citoyens.
« Smart Burkina Faso : la
technologie au service de la
sécurité publique et des citoyens ».
DCRP-MS
Chronique du Gouvernement
Smart Burkina Faso : la sécurité
à l’ère du numérique
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