Burkina Faso : la Semaine mondiale d’action pour l’éducation 2026 lancée sous le signe du financement durable

Ouagadougou, 5 mai 2026 – La Coalition nationale pour l’éducation pour tous (CN-EPT/BF) a procédé, ce mardi, au lancement officiel des activités de la Semaine mondiale d’action pour l’éducation (SMAE) 2026 au Burkina Faso. Cette édition met l’accent sur la mobilisation de ressources pour faire face aux défis persistants du système éducatif.
La conférence de presse a été présidée par le président du Conseil d’administration de la coalition, en présence de plusieurs acteurs du secteur éducatif, de partenaires techniques et financiers ainsi que de représentants des médias. La déclaration liminaire a été lue par le coordonnateur national, Tahirou Traoré.
Placée sous le signe du plaidoyer pour un financement accru et durable de l’éducation, cette édition 2026 s’inscrit dans une dynamique internationale portée par la Campagne mondiale pour l’éducation. Elle intervient également dans un contexte stratégique de mobilisation des ressources pour le Partenariat mondial pour l’éducation sur la période 2026-2030, avec pour ambition de « multiplier les possibles » en faveur des systèmes éducatifs.
Un système éducatif sous pression

Dans son intervention, Tahirou Traoré a dressé un constat sans détour : malgré les efforts consentis par l’État, le système éducatif burkinabè reste confronté à des difficultés structurelles majeures.
« Le taux d’achèvement demeure faible, notamment au secondaire où il ne dépasse pas 16,4 % », a-t-il indiqué, tout en soulignant la faiblesse de l’accès à la formation technique et professionnelle, estimée à un peu plus de 5 %.
Ces chiffres traduisent des défis persistants en matière d’accès, de qualité et d’équité, notamment pour les enfants vulnérables, parmi lesquels les filles, les enfants déplacés internes et ceux en situation de handicap.
Un paradoxe budgétaire
Fait notable, ces difficultés subsistent malgré un niveau d’investissement public relativement élevé. Le Burkina Faso consacre plus de 20 % de son budget à l’éducation, dépassant ainsi les standards internationaux.
Un paradoxe qui, selon la coalition, s’explique par des insuffisances dans l’allocation des ressources et l’efficacité globale du système éducatif.
« Il est impératif de renforcer le plaidoyer pour un financement plus efficace et mieux orienté », a insisté le coordonnateur national.
Une campagne tournée vers l’action

Inscrite dans le cadre de la campagne internationale de reconstitution des fonds du Partenariat mondial pour l’éducation (2026-2030), cette édition de la SMAE ambitionne de mobiliser largement les acteurs autour d’un financement endogène accru.
Les activités se dérouleront de mai à juillet sur l’ensemble du territoire national. Elles comprendront notamment la réalisation d’un état des lieux du système éducatif, l’organisation d’un forum national sur le financement de l’éducation, des visites d’immersion des autorités dans des établissements scolaires et universitaires, le lancement du rapport mondial de suivi de l’éducation, ainsi que la tenue de fora régionaux.
Ces actions visent à renforcer le dialogue politique, produire des données probantes pour le plaidoyer et susciter des engagements concrets en faveur d’un système éducatif plus performant et inclusif.
Un enjeu stratégique pour l’avenir
Au-delà des activités prévues, les organisateurs entendent faire de cette semaine un véritable levier de transformation.
L’objectif affiché est de renforcer le dialogue politique et de susciter des engagements concrets pour un système éducatif plus inclusif, performant et adapté aux réalités contemporaines, notamment face aux mutations technologiques.
La SMAE 2026 se déroulera dans plusieurs régions du pays, avec l’ambition de mobiliser l’ensemble des forces vives autour d’un enjeu central : faire de l’éducation un pilier du développement durable au Burkina Faso.
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