Société

PMDUVS/BURKINA : un taux de réalisation de 92 % dans la ville de Bobo-Dioulasso.

Le Projet de mobilité et de développement urbain des villes secondaires (PMDUVS) a convié, les 22 et 23 juillet 2026, les hommes de médias à une visite guidée de ses principaux chantiers à Bobo-Dioulasso. L’objectif de cette immersion est de permettre aux journalistes de constater l’état d’avancement des travaux, évalués à 92 %, et de mieux appréhender les défis liés à leur réalisation.

Des zones prioritaires ciblées

Dès son lancement, le projet a mis la priorité sur les quartiers les plus exposés aux inondations, notamment Sarfalao, Bolibana et les secteurs 21 et 22. Ces zones, longtemps vulnérables pendant la saison des pluies, bénéficient aujourd’hui d’ouvrages d’assainissement majeurs destinés à réduire les risques et améliorer la qualité de vie des habitants.

Un taux d’exécution avancé

Selon Julien Mané, chef de mission de contrôle des travaux pour le bureau d’études TED, le taux d’exécution atteint 92 %. Depuis les premières pluies, aucune inondation n’a été enregistrée dans les zones concernées.

Julien Mané, chef de mission de contrôle des travaux pour le bureau d’études TED

Des ouvrages qui soulagent les quartiers vulnérables

Les nouveaux caniveaux d’évacuation des eaux pluviales, associés à des passerelles et des garde-corps métalliques, offrent désormais une protection durable et améliorent la mobilité urbaine.

« Avant ces travaux, c’était un véritable calvaire. À chaque pluie, nos maisons étaient envahies par les eaux. Aujourd’hui, l’eau s’écoule normalement », témoigne Jean Ky, habitant de Sarfalao.

Jean Ky, habitant de Sarfalao

KONATÉ Abdoulaye, installé depuis 12 ans au secteur 21 non loin de la SNC, abonde dans le même sens : « Avant, quand il pleuvait, nos maisons étaient souvent inondées et cela nous causait beaucoup de dégâts. Nos documents étaient régulièrement mouillés. Mais depuis l’arrivée de la construction des caniveaux, nous n’avons plus enregistré d’inondation. Je remercie sincèrement les initiateurs de ce projet. »

Abdoulaye KONATE, habitant du secteur 21

Des difficultés signalées

Sur le terrain, tout n’a pas été simple. Les équipes ont dû composer avec le déplacement des réseaux de l’ONEA, une opération délicate qui a ralenti certains chantiers. À cela s’ajoutent les contraintes liées à la saison des pluies, rendant parfois l’exécution des travaux plus complexe.

Dans certains secteurs, les ingénieurs ont même été contraints d’ériger de petits caniveaux supplémentaires afin de canaliser l’eau vers les ouvrages principaux prévus. Une solution technique indispensable pour éviter les débordements et garantir l’efficacité du dispositif d’assainissement.

Malgré ces obstacles, les responsables du projet se disent confiants. Ils invitent les populations à faire preuve de vigilance et à préserver les infrastructures réalisées, afin d’assurer leur pérennité.

Des réalisations complémentaires

Au-delà des ouvrages d’assainissement, plusieurs actions sont déjà visibles sur le terrain. Des forages ont été réalisés pour améliorer l’accès à l’eau potable, des murs de clôture et des établissements scolaires ont été construits, et un dispositif d’éclairage public a été installé autour des caniveaux pour sécuriser la circulation nocturne.

Le projet a également permis la construction d’un bâtiment de trois salles de classe, d’un magasin et d’un bureau à l’école maternelle, à Lafiabougou, renforçant ainsi l’offre éducative et les conditions d’apprentissage des enfants.

Bâtiment offert par le projet à l’école maternelle

Concernant la plantation de 2 300 arbres, il s’agit d’une prévision du projet. Pour donner un aperçu de cette initiative, les journalistes ont visité, le 23 juillet 2026, un bosquet aménagé au secteur 23 de Bolibana. Sur une superficie de 11 000 m², il regroupe déjà 1 003 plants issus de 23 espèces différentes, témoignant de la volonté du PMDUVS de concilier assainissement et protection de l’environnement.

Bosquet du secteur 23

Le Gouvernement du Burkina Faso, en collaboration avec le Groupe de la Banque mondiale, a lancé le PMDUVS pour améliorer l’accès aux services de base et aux opportunités économiques dans des villes secondaires comme Bobo-Dioulasso, Kaya et Ouahigouya. Ce projet se veut une réponse aux défis urbains, climatiques et sécuritaires, tout en renforçant la résilience des populations face aux crises et aux déplacements internes.

 Soumaïla SAVADOGO, Bobo-Dioulasso, correspondant.

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