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Insertion professionnelle des diplômés de l’EFPT : la COGEF plaide pour un véritable pacte national

À l’occasion de la mission d’information de la Commission de l’Assemblée législative du peuple consacrée aux problématiques de la formation et de l’insertion professionnelle des diplômés de l’enseignement et de formation, la Confédération générale des Entreprises du Faso (COGEF) de la région d’Oubri représenté par son secrétaire général Noé NANA, a livré une analyse sans détour et formulé des propositions structurantes.

Représentant la COGEF de la Région d’oubri , M. Noé NANA a défendu une vision dans laquelle l’enseignement et la formation professionnelle et technique (EFPT) doivent devenir un véritable levier de transformation économique, d’emploi et de souveraineté nationale.

La question de l’insertion professionnelle des diplômés de l’Enseignement et de la Formation Professionnelle et Technique (EFPT) dépasse désormais le seul cadre de la politique de l’emploi. Elle touche directement à la capacité du Burkina Faso à valoriser son capital humain, à renforcer sa productivité et à construire une économie davantage fondée sur les compétences et la création de valeur.

C’est l’un des principaux enseignements de l’intervention de M. Noé NANA, secrétaire général représentant la COGEF Oubri, devant la délégation de la Commission de l’Assemblée législative du peuple en mission d’information sur les problématiques liées à la formation et à l’insertion professionnelle des diplômés.

« Former mieux et insérer davantage »

Dans sa présentation, le représentant du secteur privé a posé un diagnostic clair : l’obtention d’un diplôme ne saurait constituer une fin en soi.

L’enjeu, selon lui, est désormais de réussir le passage entre la formation et l’activité professionnelle. L’insertion doit ainsi être pensée comme une composante intégrale du parcours de formation, et non comme une étape venant seulement après l’obtention du diplôme.

Cette approche implique de rapprocher davantage les établissements de formation des réalités du monde du travail et des besoins du secteur productif.

Entreprises, administrations, collectivités territoriales et acteurs économiques doivent pouvoir disposer de compétences immédiatement mobilisables, tandis que les jeunes doivent bénéficier de véritables perspectives d’emploi, d’auto-emploi et d’entrepreneuriat.

« Former mieux et insérer davantage » apparaît ainsi comme le fil conducteur de la contribution de la COGEF.

Un marché du travail en mutation

Pour M. Noé NANA, la problématique de l’insertion doit également être replacée dans un contexte de profondes mutations économiques et technologiques.

Transformation numérique, intelligence artificielle, automatisation, transition énergétique et écologique, nouvelles exigences de productivité : autant d’évolutions qui imposent une adaptation permanente des dispositifs de formation.

Les compétences recherchées aujourd’hui ne seront pas nécessairement celles qui seront les plus demandées demain.

D’où la nécessité, selon la COGEF, de rendre les programmes de formation plus réactifs et davantage connectés aux évolutions des secteurs productifs.

Cette adaptation doit notamment concerner les métiers liés au numérique, aux énergies renouvelables, à la maintenance industrielle, à l’agro-industrie, au BTP, à la logistique, aux télécommunications et à la transformation des produits locaux.

Le diplôme ne suffit plus : l’expérience devient déterminante

Parmi les difficultés identifiées figure également le déficit d’expérience professionnelle auquel sont confrontés de nombreux jeunes diplômés.

Le constat est connu : les entreprises recherchent des profils opérationnels, tandis que les jeunes sortent souvent de formation avec des connaissances théoriques mais une expérience pratique limitée.

M. Noé NANA relève ainsi un paradoxe qu’il convient de corriger : on exige de l’expérience des jeunes pour leur premier emploi, souvent pour leur premier marché alors que cette expérience ne peut être acquise sans leur donner une première opportunité professionnelle.

Pour la COGEF, la réponse passe notamment par la généralisation et l’amélioration des stages, de l’apprentissage et de l’alternance avec une option de parrainage pour les marchés exigeant des expériences similaires.

L’entreprise doit progressivement devenir un véritable espace de formation, en complément de l’établissement scolaire ou professionnel.

Une responsabilité qui dépasse les seuls ministères

La COGEF salue les efforts déjà entrepris par les pouvoirs publics en matière de renforcement de l’offre de formation, de professionnalisation des curricula, d’apprentissage, d’entrepreneuriat et d’accompagnement des jeunes.

Mais l’organisation patronale appelle à franchir un nouveau cap.

L’insertion professionnelle ne peut, à ses yeux, relever de la responsabilité d’un seul département ministériel. Elle nécessite une action coordonnée impliquant les ministères concernés, les collectivités territoriales, les entreprises, les organisations professionnelles, les établissements de formation, les institutions financières et les partenaires au développement.

L’État doit jouer pleinement son rôle de régulateur, de facilitateur et d’investisseur dans le capital humain. Le secteur privé, pour sa part, doit être davantage associé à la conception des curricula, à l’identification des compétences recherchées, à l’accueil des apprenants et à l’évaluation des compétences.

Mesurer l’efficacité par les résultats

Autre proposition forte portée par la COGEF : améliorer le suivi des diplômés.

Il ne suffit plus de mesurer le nombre de personnes formées. Il faut surtout savoir ce qu’elles deviennent.

La mise en place d’un véritable dispositif national de suivi permettrait notamment de connaître le taux d’insertion des diplômés, le délai d’accès au premier emploi, le taux de maintien dans l’emploi, le niveau de rémunération, la proportion de jeunes engagés dans l’auto-emploi ainsi que l’adéquation entre la formation reçue et l’emploi exercé.

Ces données constitueraient un outil précieux d’aide à la décision pour réorienter les filières, adapter les programmes et anticiper les besoins futurs du marché du travail.

De la formation à l’entrepreneuriat : dépasser la seule logique du financement

La COGEF insiste également sur la nécessité de revoir l’accompagnement des jeunes diplômés qui souhaitent entreprendre.

L’accès au financement demeure un obstacle important, mais financer un jeune entrepreneur sans l’accompagner suffisamment ne garantit ni la création ni la pérennisation de l’activité.

M. Noé NANA préconise ainsi un véritable parcours d’accompagnement associant financement, formation en gestion, mentorat, accompagnement comptable et juridique, accès au marché et suivi durant les premières années d’activité.

L’objectif est de permettre aux diplômés de transformer leurs compétences en activités économiques viables et créatrices d’emplois.

Des territoires au cœur de la stratégie

La COGEF plaide par ailleurs pour une meilleure articulation entre les formations et les potentialités économiques des territoires.

Les besoins en compétences ne sont pas identiques selon les régions. Un territoire à fort potentiel agricole, minier, industriel, énergétique, artisanal ou touristique doit pouvoir développer des filières de formation correspondant à ses réalités économiques et à ses perspectives de croissance.

Cette approche territorialisée permettrait de rapprocher davantage la formation des bassins d’emploi et de renforcer les écosystèmes locaux de compétences.

Vers un Pacte national pour l’insertion

Parmi les propositions majeures formulées devant la délégation parlementaire figure la mise en place d’un Pacte national pour l’insertion professionnelle des diplômés de l’EFPT.

Ce pacte réunirait l’État, les collectivités territoriales, le secteur privé, les organisations professionnelles, les établissements de formation, les institutions financières et les partenaires au développement autour d’engagements précis et mesurables pour des interventions mutualisées.

Nombre de stages offerts, contrats d’apprentissage, emplois créés, entreprises accompagnées, financements mobilisés et taux d’insertion des diplômés pourraient constituer autant d’indicateurs de résultats.

L’idée est claire : passer d’une juxtaposition d’initiatives à une démarche nationale cohérente, concertée et évaluée.

Changer le regard sur les métiers techniques

Au-delà des mécanismes institutionnels et financiers, la COGEF estime indispensable de poursuivre la valorisation sociale des métiers techniques et professionnels.

Pendant longtemps, certaines filières de l’enseignement professionnel ont été considérées comme des voies de second choix. Or, dans un contexte où le Burkina Faso cherche à renforcer sa capacité productive et sa souveraineté économique, le technicien, l’artisan, le professionnel de la maintenance, de l’industrie, de l’agriculture, de l’énergie ou du numérique constitue un acteur essentiel de la création de richesse.

Il devient donc nécessaire de promouvoir une véritable culture de la compétence technique et professionnelle.

« Transformer les qualifications en compétences, et les compétences en richesse »

Au terme de son intervention, M. Noé NANA a porté une vision qui replace l’insertion professionnelle au cœur du projet de développement national.

Pour la COGEF, la question n’est pas simplement de former davantage de jeunes. Il faut créer les conditions permettant de transformer les qualifications en compétences opérationnelles, les compétences en activités économiques et ces activités en emplois, en richesses et en progrès pour la Nation.

L’EFPT doit ainsi être pensée non seulement comme un dispositif de préparation à l’emploi, mais comme un instrument stratégique de transformation de l’économie burkinabè.

Un échange jugé fructueux par la délégation

À l’issue de la présentation, un échange direct et approfondi s’est tenu entre M. Noé NANA et les membres de la délégation parlementaire.

Les discussions ont permis d’approfondir plusieurs des problématiques soulevées, notamment l’adéquation formation-emploi, la participation du secteur privé, l’expérience professionnelle des jeunes diplômés, l’entrepreneuriat, le financement et le suivi de l’insertion.

La délégation a, à l’issue des échanges, marqué sa satisfaction quant à la qualité et à la richesse des contributions apportées, qualifiant les discussions de particulièrement fructueuses.

Cette rencontre aura ainsi permis de faire émerger une conviction partagée : la réussite de l’insertion professionnelle des diplômés de l’EFPT exige désormais une mobilisation collective et une approche résolument orientée vers les résultats.

Au Burkina Faso, le défi n’est donc plus seulement de former une jeunesse nombreuse et qualifiée. Il est de faire de cette jeunesse une force productive, entrepreneuriale et innovante au service de la transformation nationale.

C’est à cette condition que l’enseignement et la formation professionnels et techniques pourront pleinement jouer leur rôle : préparer les jeunes aux métiers de demain et, dans le même temps, préparer l’économie burkinabè aux compétences dont elle aura besoin pour construire son avenir avec la devise populaire révolutionnaire “consommons ce que nous produisons et produisons ce que
nous consommons ” Cette devise est en marche avec les différentes réformes de la forme professionnelle de la politique actuelle du président du Faso.

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