Société

FestIC 2026 : Sunu Yoon, un hommage vibrant à Doudou Ndiaye Rose et à l’ouverture des cultures

Dans le cadre de la 7ᵉ édition du Festival des Identités Culturelles (FestIC) organisé du 14 au 18 Mai 2026 par le Cinéma Numérique Ambulant (CNA) Afrique, la cité universitaire de l’Institut des sciences (IDS) de Ouagadougou a accueilli, ce samedi 16 mai, une soirée de projections cinématographiques suivies d’échanges avec les réalisateurs. Parmi les œuvres présentées, le long métrage documentaire «Sunu Yoon» du réalisateur franco-sénégalais Jean-Marie Mallet a particulièrement retenu l’attention du public estudiantin et des cinéphiles.

D’une durée de 90 minutes et réalisé sur une période de onze ans, «Sunu Yoon» retrace le parcours exceptionnel de Doudou Ndiaye Rose, figure emblématique du sabar sénégalais et trésor humain vivant reconnu par l’UNESCO en 2006. À travers cette œuvre patrimoniale, le réalisateur rend hommage à celui qu’il considère comme un père spirituel.

réalisateur franco-sénégalais Jean-Marie Mallet

« Je vivais avec Doudou Ndiaye Rose depuis près de trente ans. À la fin de sa vie, je lui ai dit que son parcours était incroyable et qu’il fallait raconter son histoire. Il m’a simplement répondu : “Fais-le” », a confié Jean-Marie Mallet après la projection.

Le réalisateur explique avoir voulu produire un témoignage intime et humain, construit au cœur même de la famille du percussionniste sénégalais. « Le film a été fait de l’intérieur, dans la proximité, avec beaucoup d’affection et de complicité artistique », a-t-il indiqué.

Au-delà du portrait artistique, «Sunu Yoon» véhicule également un message culturel et politique fort sur l’identité et l’ouverture au monde. Pour Jean-Marie Mallet, Doudou Ndiaye Rose incarnait une vision moderne de la tradition africaine.

« Il était profondément enraciné dans sa culture, mais cela ne l’empêchait pas de s’ouvrir au monde. Au contraire, il pensait que garder ses racines permettait de mieux dialoguer avec les autres cultures et d’enrichir l’humanité », a-t-il souligné.

Le documentaire revient également sur le rôle pionnier joué par l’artiste dans la promotion des femmes dans l’univers traditionnel des percussions, longtemps réservé aux hommes. Selon le réalisateur, Doudou Ndiaye Rose avait décidé d’intégrer ses filles dans son orchestre après avoir constaté l’évolution de la place des femmes dans la société moderne.

« Le monde entier réclamait de voir ces femmes jouer du tambour et monter sur scène avec lui », a rappelé Jean-Marie Mallet, saluant la vision progressiste du maître percussionniste sénégalais.

Présent pour la première fois au FestIC, le réalisateur s’est dit heureux de participer à un festival qui célèbre la diversité culturelle africaine et le dialogue entre les peuples.

« C’est très important que des films patrimoniaux comme celui-ci existent dans des festivals dédiés aux identités culturelles. Nous sommes ici pour favoriser la rencontre entre les cultures », a-t-il déclaré.

Sur l’aire de projection, les étudiants ont salué une initiative enrichissante tant sur le plan culturel qu’académique. Étudiant en lettres modernes à l’Université Joseph Ki-Zerbo, Yameogo Ibrahim estime que le FestIC contribue à une meilleure connaissance des peuples africains.

« Ce festival nous permet de découvrir d’autres identités culturelles africaines que nous ne connaissions pas forcément. À travers les films, nous apprenons énormément sur l’Afrique et sur nos propres cultures », a-t-il affirmé.

Pour lui, cette expérience nourrit également ses recherches universitaires. « La thématique culturelle est liée à la discipline que j’ai choisie pour mon master. Ces projections nous apportent beaucoup dans nos réflexions académiques », a-t-il ajouté.

Même enthousiasme du côté de Zoungrana Maïmouna, étudiante en deuxième année de lettres modernes à l’Université Joseph Ki-Zerbo, qui s’est dite marquée par la richesse des messages véhiculés par les différents films projetés.

« Le film sénégalais m’a particulièrement fascinée parce qu’il valorise la culture, la danse et l’identité du peuple sénégalais. C’est une véritable immersion culturelle qui nous permet d’avoir plus de connaissances sur ce peuple », a-t-elle confié.

À travers cette programmation cinématographique, le Festival des Identités Culturelles (FestIC) confirme ainsi sa volonté de faire du cinéma un espace de transmission, de dialogue interculturel et de valorisation des patrimoines africains.

Alexandre Kabore

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